Tu vois, ce matin, je regardais qu’en France, il y a des gens qui se battent pour légaliser les habitats légers. En face, il y a toujours l’État pour les fatiguer, pour les user. Au bout d’un moment, ça donne vraiment cette impression de rigidité devant la liberté des individus.
Pourquoi l’État s’acharne-t-il sur des personnes qui choisissent de vivre sobrement, en harmonie avec la nature, hors des sentiers battus et du crédit sur 30 ans ? L’obsession de la normalisation ? La menace du modèle alternatif ?
Un humain qui apprend à vivre avec peu, qui s’affranchit du loyer exorbitant, de la surconsommation et des cases obligatoires, c’est aussi un individu qui échappe au contrôle.
J’écoutais Macron en butte avec un ado dans un collège. Le jeune lui dit, en gros, que le cerveau n’est pas fait pour encaisser huit heures de cours dans la journée. Et Macron lui répond en usant d’une forme de chantage bureaucratique : « Oui, mais si on diminue les journées, il faut qu’on diminue les heures de vacances et les jours de vacances. »
Ça peut se traduire ainsi : « Si tu veux respirer, on te retire tes vacances. »
Et je trouve que c’est complètement anti-productif.
Tu vois, ça donne vraiment l’impression d’un formatage scolaire où l'enfant est préparé à une réalité d’adulte esclave. C’est exactement ce que dénonçait Jacques Ellul : « La technique nous oblige à aller de plus en plus vite et elle va remplacer la réflexion par le réflexe [...] tout ce que l'on demande dans la technique, c'est précisément ne réfléchissez pas, ayez des réflexes. » On ne veut pas d'êtres humains qui pensent par eux-mêmes, mais de simples exécutants qui réagissent au quart de tour aux stimuli de l'appareil.
D’abord, il y a le déni scientifique. La technique ignore délibérément les neurosciences, la psychologie et les rythmes de repos. En réalité, c’est la machine qui prend le contrôle sur des êtres.
Ensuite, il y a l’utilitarisme aveugle. Huit heures sur une chaise par jour, ce n’est pas forcément de l’instruction : ça peut aussi devenir un apprentissage de l’endurance à l’ennui et à la soumission au salariat futur. On prépare le terrain pour que, adulte, l’individu trouve normal de subir des semaines hachées par l’épuisement et les décisions arbitraires d’un manager ou d’une CAF.
Je trouve que réduire des vies à une machine est hyperfrustrant. Des bureaucrates, ou des technocrates comme Macron, semblent avoir la parole divine, tels des grands prêtres.
Tout ceci semble ne pas avancer.
C’est de l’anti-progressisme.
Je pose un constat rétrograde : ce qu’on observe de plus en plus aujourd’hui, c’est un progrès technique au service d’une régression humaine.
On a des algorithmes ultra-puissants, comme ceux qui gèrent les indus de la CAF à minuit, mais des consciences politiques réduites à l’état de spectateurs impuissants face à des technocrates autoproclamés « grands prêtres de la rationalité ».
J’ai grandi dans les années 90, en plein dans l’illusion progressiste. Une époque où l’on croyait encore — et malgré tout — que la technologie, l’ouverture au monde et l’éducation allaient libérer l’homme du travail aliénant.
C’est le piège de la conception whig de l’histoire : cette vision naïve croyait que l’humanité avançait mécaniquement, chaque jour, vers plus de liberté et de conscience.
Et c’est peut-être précisément là que commence la désillusion : le progrès technique n’implique pas nécessairement le progrès humain.
Le fossé se creuse entre l'aspiration naturelle de l'homme (vivre, créer, respirer, coder) et la violence froide de la machine.
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