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L'enfer

Je me souviens d’un rêve que j’ai fait après être revenu de mon voyage au Panama.

Dans ce rêve, tout semblait vraiment réel. On se trouvait dans des wagons, ou peut-être dans des containers. À l’intérieur, une petite fenêtre permettait juste de voir dehors. Depuis l’extérieur, quelqu’un pouvait l’ouvrir ou la fermer. Les fenêtres ressemblaient à des rainures horizontales.

À un moment donné, les petites fenêtres se sont ouvertes depuis l’extérieur. Et là, des mitraillettes ont commencé à nous tirer dessus.

Des enfants, des femmes, des hommes se trouvaient dans le container. Moi, finalement, j’arrive à m’échapper. Mais nous étions une quantité énorme de personnes.

Après, une sorte de plage est apparue. De l’eau, l’horizon… On pensait qu’en allant dedans, on allait être sauvés.

Sauf que dans l’eau, des barbelés étaient cachés. On ne les voyait pas. Les gens s’arrachaient, se déchiraient dedans. Puis des mines se sont mises à exploser.

Ce qui était étrange, c’est que le paysage ne semblait pas particulièrement sombre. Au contraire, une plage, l’eau, l’horizon : tout donnait une impression d’ouverture.

Mais c’est justement ce contraste avec ce qui se passait qui rendait la scène complètement affreuse.

On se disait : « Ben, c’est l’horizon, la mer, c’est l’horizon infini. » Et finalement, cet horizon devenait quelque chose de très réducteur, presque une prison, un enfermement.

À un moment donné, je rentre dans un autre endroit.

Là, je découvre une sorte de bestiole, une créature à moitié chien, à moitié quelque chose d’autre, un peu comme un dragon chinois. Elle est complètement meurtrie et souffrante.

On comprend alors que cette bestiole est elle aussi un être souffrant.

Elle se trouve dans un endroit qui ressemble à un temple aztèque, avec des couleurs vertes et rouges. Ça ressemble vraiment à une porte de l’enfer.

La bestiole reçoit de la nourriture, comme ça, dans une sorte de cage ou d’enclos.

Et finalement, je m’aperçois qu’au-dessus de moi, le plafond descend lentement pour m’écraser.

C’est à ce moment-là que je me réveille.

Mais ce qui m’avait le plus marqué, ce n’était pas seulement toute cette violence.

Les gens que je voyais étaient souvent des jeunes, etc. Et puis, ça me paraissait comme si j’avais abandonné une terre d’unité.

Comme si, en coupant cette branche de ma vie, je détruisais finalement toute une sorte de microcosmos.

Et c’est ça qui m’est resté quand je me suis réveillé.

Ce n’était pas seulement l’impression d’avoir échappé à quelque chose. C’était aussi celle d’avoir quitté tout un monde, tout un petit monde vivant, et que cette séparation avait peut-être détruit quelque chose qui existait là.

C’est cette impression-là qui est restée avec moi au réveil.

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